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Bob

Nous étions tous dans cette grande salle à écouter ce que le Prince avait à nous dire. C’est amusant à quel point il semblait jubiler de nous foutre notre merde sous le nez.

Ma dame se tenait derrière moi. Un foulard lui masquait le bas du visage. Pour l’une d’entre nous je l’ai toujours trouvée plutôt belle. Enfin... Ouai vous comprendriez pas de toute façon…
J’eus un reniflement dédaigneux. Bon dieu ce que ces connards de Ventrue pouvaient me les briser avec leur air suffisant…
Une fois son petit speech terminé le Prince afficha un sourire de prédateur et nous lança :


-‘’Cependant, j’ai appris également que l’un d’entre vous a procréé sans m’en demander l’autorisation…’’


Merde…  C’était donc ça ? Je pince les lèvres et jette un regard à la Malkavienne venue seule. Elle semblait perdue dans la contemplation de papillons invisibles. Pauvre tarée…


Le Prince poursuivait :


-‘’Et comme vous le savez, c’est un crime envers la tradition et un manque de respect que je ne laisserai pas impuni. Mais comme je suis, disons, d’humeur ‘magnanime ‘, je ne punirai pas votre descendance qui sera libre de continuer sa misérable vie. En revanche…’’


Le voilà qui se tourne vers moi et ma Dame.


-‘’…Vous subirez la mort ultime, Dame Lo'aya !’’ dit-il de sa voix glaciale.


Mes yeux s’agrandissent de stupeur. Comment cela ce peut-il ? Nous avions trafiqué l’information, c’était la Malkavienne qui aurait du…
Je me retourne et voit ma Dame se reculer. Deux gardes vampires s’approchent d’elle, prêts à se saisir d’elle et la voilà qui me jette un regard désolé. Silencieuse. Ouai, ma créatrice est muette, je ne vous l’avais pas dis ? Puis la voilà qui disparaît. Dissimulation, vous connaissez ?


Le Prince se cale dans son siège et lance :


-‘’Fouillez la demeure, cherchez-la. Toute les issues sont fermées elle ne pourra pas aller bien loin.’’


-‘’Non ! Non… !’’  je me fige.


Pourquoi ? Comment le Prince a-t-il…


Quand on réalise l’impensable c’est comme une étincelle qui s’allumerait dans votre tête. Et quand il s’avère que cet impensable est encore plus pourrit que l’esprit d’un Giovanni c’est comme si… Eh bien, c’est comme si cette étincelle venait de foutre le feu à une trainée de poudre et faisait péter votre raison pour ne laisser qu’un gouffre remplit de rage.
C’est exactement ça j’avais la bonne grosse haine en ce moment. Et mes poings se serraient d’eux-mêmes sous la colère.


-‘’ESPECE DE SALE RACLURE DE MERDE !’’


Je crache par terre et commence à marcher en direction de l’estrade où se tiennent le Prince [un con], son clébard [un Nosferatu] et sa Pute [le consort].


D’ailleurs le consort n’a pas du trop apprécier ce que je viens de balancer, car le voilà qui se lève prêt à déballer une réplique cinglante. Probablement une histoire de respect. J’en sais rien, moi j’écoutais pas. D’ailleurs le Prince ne bronche pas et lui fait signe de se rassoir tout en  me désignant d’un signe de tête :


-‘’Enfermez-le jusqu’à ce qu’il se soit calmé.’’


L’ignorant complètement je continue : ‘’COMMENT T’AS PU !? POURQUOI T’AS FAIT CA ??? T’ES QU’UNE CREVURE ! ’’


Je sens la poigne d’un garde me broyer l’épaule. Je me débats, forcément mais je n’en démords pas.


-‘’TU ME LE PAYERAS, SALE TRAITRE DE MERDE !’’


Je sens les gardes [Tiens ? ‘’Les’’. Apparemment ils ont besoin de renfort tellement j’vois rouge en ce moment] me trainer en arrière jusqu’à la sortie de la salle.


-‘’JE VAIS LEUR DIRE ! TOUS LES AUTRES, ILS SAURONT, CONNARD ! ILS SAURONT CE QUE T’AS FAIT ! CE QUE TU NOUS AS FAIT ET ILS SE VENGERONT !’’


Nous arrivons à l’encadrement de la porte. Les autres vampires nous jettent des regards incrédules. L’expression du consort est priceless. Comment le Prince peut-il supporter un tel flot d’insultes à sa personne et rester calme ?
Mais ce que personne, en dehors du Prince et de son bras droit, ne semblaient avoir pigé, c’est que ce n’était pas Lui (Le Prince) qui m’avait foutu hors de moi. Les Ventrue sont tous des bâtons merdeux, inutile de le leur rappeler. Et puis bon c’est facile de jouer avec des bâtons merdeux si tu sais dispenser tes infos correctement. Ce qui m’avait filé un gros coup c’était cette espèce de chiure de rats à côté de lui. Son ‘informateur officiel’, l'autre "rat d’égout", comme nous... Celui-là même qui me jetait un regard l’air de dire ‘’Désolé mec, mais c’est comme ca.’’, ce regard qui me donnait encore plus envie de lui démonter la gueule.


Alors qu’on me trainait dehors, je m’agrippais à l’encadrement de la porte et crachais encore : ‘’T’AURAI PU LA SAUVER ! POURQUOI TU L’AS PAS FAIT ? COMMENT TU PEUX NOUS FAIRE CA ?


Je me débats le temps de lâcher cette dernière phrase : ‘’COMMENT TU AS PU FAIRE CA ? C’EST TA FILLE, ENFOIRÉ DE MERDE ! TU AS TUÉ TA PROPRE FILLE !!’’


Et je me laisse entrainer au loin.


On me jette dans une cellule aux murs de pierre. Je cogne dans tout ce que je peux cogner, à m’en faire mal et quand je me suis défoulé suffisamment pour sentir la douleur à chaque endroit que j’ai utilisé pour frapper les murs, je m’affaisse assis contre la paroi. Je pourrais sortir facilement mais, là j’ai juste besoin de m’allonger.


Ce connard de traitre. Il devait juste dire que c’était un Malkavien qui avait manqué au règlement, de toute façon la progéniture ne connaissait pas son créateur et il n’était pas là. Ça aurait facilité les choses. A la place qu’est-ce que Lord Chiure-de-Rat a fait ?

​

Il a condamné sa fille à la mort ultime.

 

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